La grenade, une arme contre le vieillissement ?

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Le secret antivieillissement de la grenade révélé par une équipe de chercheurs de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Les chercheurs ont découvert de quelle façon, un polyphénol présent dans le fruit, est transformé par des bactéries de l’intestin et permet aux cellules musculaires de se prémunir contre une cause majeure du vieillissement[1].

(article écrit par Brigitte Karleskind pour Nature-Sciences-Santé) https://www.nature-sciences-sante.eu/accueil/

la grenade

 

Avec les années, le fonctionnement des mitochondries, les usines de production énergétiques des cellules de l’organisme, se dégrade affectant celui de nombreux tissus. C’est notamment le cas des muscles qui s’affaiblissent au fil du temps. L’accumulation de mitochondries dysfonctionnelles pourrait également être impliquée dans un certain nombre de maladies et, notamment, dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

L’utolithine A, capable de relancer le recyclage des mitochondries

Les chercheurs suisses ont identifié l’urolithine A, une molécule capable de relancer le recyclage des mitochondries déficientes. C’est la seule molécule connue, capable de relancer la mitophagie, le processus par lequel les cellules se débarrassent de leurs mitochondries défectueuses.

Dans un premier temps, les chercheurs ont testé leur hypothèse sur le ver C. elegans. C’est l’organisme de prédilection de la recherche sur le vieillissement car à l’âge de 8 à 10 jours il peut déjà être considéré comme un vieillard. L’urolithine A a prolongé de plus de 45 % la durée de vie des vers par rapport à leurs homologues du groupe témoin.

Encouragés par ces premiers résultats, les chercheurs ont ensuite testé la molécule sur des souris et des rats.  Comme chez le C. elegans, ils ont observé chez les rongeurs une baisse sensible du nombre de mitochondries indiquant qu’un important recyclage était en cours. Les souris âgées d’environ deux ans ont montré une endurance à la course 42 % plus élevée que les animaux du groupe témoin.

Des essais en cours sur l’homme

La grenade ne contient pas cette molécule objet de ces études mais son précurseur, un polyphénol qui, une fois digéré est transformé en urolithine A par les bactéries intestinales. Cela signifie que les taux d’urolithine A varient selon les caractéristiques de la flore intestinale et que certains peuvent même ne pas en produire du tout.

La start-up Amazentis, fondée par les co-auteurs de l’étude, a développé des produits conçus pour administrer des doses finement calibrées d’urolithine A. La société procède actuellement à de premiers tests sur l’homme dans des hôpitaux européens.

 

[1] Ryu D. et al., Urlithin A induces mitophagy and prolonge lifespan C. elegans and increase muscle function in rodents. Nature Medicine. July 2016 DOI : 10.10.1038/nm.4132.

 

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Caroline

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