Mon enfant ne rentre pas dans le moule

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Mon enfant ne rentre pas dans le moule… et si c’était une histoire de réflexes ? C’est quoi les réflexes ?

 

 

Mon enfant

 

Mon enfant ne rentre pas dans le moule

Vous vous souvenez du jour où votre enfant a serré votre doigt dans sa petite main ?
L’émotion était forte ???
Je suis désolée de vous le dire, mais votre enfant ne l’a pas fait parce qu’il vous aime. Il l’a fait car chez lui le réflexe d’agrippement est en train de se mettre en place !
En effet, dès la conception et durant la grossesse, différents réflexes se développent, nécessaires à la survie de l’enfant. Les mouvements de l’embryon dans l’utérus permettent le développement du cerveau créant les réseaux neurologiques qui vont développer les circuits nécessaires pour la bonne évolution de cet enfant au niveau physique, intellectuel et émotionnel.

On comprend dès lors, que les premières étapes de la vie, même intra-utérines, conditionnent le futur de ce petit être.
Il existe différents types de réflexes qui évoluent en suivant le développement de l’enfant. Ainsi, les réflexes primitifs ou archaïques donneront suite aux réflexes posturaux. Chacun répond à un stimuli qui peut être soit externe (lumière, son, stress…), soit interne. Et comme leur nom l’indique ils sont bien une réponse « réflexe » à ce stimuli créant un mouvement de la chaîne musculaire.

 

Mais alors, que se passe-t-il lorsque ce réflexe n’est pas équilibré et pourquoi ne l’est-il pas ?

Un réflexe ne disparaît pas, il est intégré par le système et doit fonctionner de façon équilibrée. Par exemple notre fameux réflexe d’agrippement, une fois intégré, l’enfant poursuit son
développement en étant capable de maîtriser la force et l’intensité de sa préhension. Le réflexe doit cependant pouvoir émerger dans une situation donnée si la survie de la personne est remise en question. Lors d’un accident par exemple, où le réflexe sera fortement sollicité (s’agripper au volant lors d’un accident de voiture).
Si le réflexe est hyper-actif (trop présent) il « parasite » le système. De fait, le corps est constamment en train de s’occuper (inconsciemment) à le contrôler. Provoquant ainsi une fatigue et un comportement incompréhensible aux yeux de ceux qui observent (parents, enseignants…).
S’il est hypo-actif (absent), il peut donc mettre la personne en danger.

Beaucoup de facteurs peuvent empêcher un réflexe d’être correctement intégré et d’être équilibré. Par exemple des expériences vécues par la maman ou l’enfant au cours de la grossesse, ou des inhibiteurs de motricité comme le youpala, ou une absence de quatre pattes par un développement de la marche trop rapide, etc…

Même si en lisant ceci vous vous dites que ces exemples vous rappellent votre vécu, cela ne sert à rien de vous sentir coupable. Tout d’abord parce qu’il y a des enfants qui n’ont jamais fait de quatre pattes et non pas de difficultés, l’inverse étant valable ! Et surtout parce qu’il y a moyen de remédier à la situation.

 

Dans quels cas les réflexes peuvent être gênants ?

Nous ne pouvons pas toujours savoir pourquoi certains réflexes restent « parasitants ». Et en réalité, il n’est pas forcément nécessaire d’en connaître la cause. Ce qui est intéressant c’est de savoir qu’ils peuvent être source de beaucoup de difficultés pour l’enfant et dans les apprentissages scolaires notamment. D’ailleurs, on peut citer dans ce contexte en priorité, le réflexe d’agrippement, le réflexe tonique asymétrique et le symétrique du cou et le réflexe de Galant.

Chez les adultes, des difficultés récurrentes à réaliser certaines tâches ou avoir certains comportements « incompréhensibles » peuvent également être en lien. Je peux vous citer par exemple : Tom qui marchait constamment sur la pointe des pieds sans explication. Ou bien Nathalie dont la douleur à l’épaule a disparu après avoir remodelé son réflexe de retournement, ou encore Nicolas qui a amélioré son écriture et sa posture et donc ses résultats scolaires.

 

Comment me suis-je rendue compte du lien entre réflexes et apprentissage ?

C’est mon travail auprès des enfants en difficulté d’apprentissage qui m’a amené à étudier et travailler sur les réflexes archaïques. En effet, j’avais bien identifié déjà le contexte « théorique » de leurs difficultés (lacunes, méthodologie etc..) et également le contexte émotionnel (confiance, croyances familiales…). Mais j’observais une difficulté supplémentaire en lien avec leur corps. Tout naturellement la notion d’intégration motrice est arrivée à moi. Et j’ai donc commencé à utiliser des techniques de remodelages simples et des jeux pour rapidement voir une nette progression de l’évolution de ses enfants sur les différentes sphères de leur développement.
Je me suis donc formée, notamment auprès de l’IMP (Intégration Motrice Primordiale) et j’ai intégré cette technique à ma pratique.

 

Mais alors comment procède-t-on ?

Concrètement, un bilan de réflexes passe par la mise en situation de l’enfant dans différentes postures ou jeux qui vont permettre d’évaluer leur degré d’intégration ou de persistance. Tout cela en lien avec l’objectif mis en place. Un objectif est une zone de motivation et d’amélioration qui permet de voir les réflexes qui « empêchent » d’y accéder. Cette séance est réalisée en présence des parents durant laquelle on fait aussi un point sur l’évolution de l’enfant (anamnèse).

Toutefois pour les séances suivantes, les parents ne restent pas avec l’enfant. On va faire tout un tas de mouvements corporels qui seront en lien avec les réflexes concernés. Ce sont des séances ludiques et bien souvent l’enfant sort fatigué car on a fait travailler des circuits neurologiques nouveaux ou qui étaient en pause !

 

Combien de séances faut-il et pour quelles difficultés ?

Le nombre de séances est variable en fonction de chaque enfant/personne. Car nous ne pouvons pas contrôler les nouvelles informations qui circulent immédiatement comme on le souhaiterait. Parfois il faut plus ou moins de temps mais ces séances ne se font qu’une fois par mois et si elles sont bien accompagnées des mouvements que l’on recommande de faire à la maison, les résultats sont notables.

On ne peut prétendre « effacer » des troubles qui sont là depuis des années juste par magie. Mais si l’enfant n’a plus à contrôler son corps lorsqu’il doit apprendre des concepts, alors cela devient plus facile. C’est pour cela que pour moi cette technique est formidable également en lien avec ma méthode de remédiation de lecture et d’écriture. Je peux ainsi revenir sur les lacunes accumulées tout en permettant à l’enfant de rattraper son retard en étant plus présent et mieux dans son corps.
Cette méthode est donc très complémentaire avec d’autres comme l’orthophonie, l’ergothérapie et même l’orthodontie.

 

Qui êtes-vous plus précisément ?

Je suis Orthopédagogue et fondatrice de la Trikalogie (méthode de remédiation de la lecture et de l’orthographe). Cela fait 10 ans que je travaille avec les enfants en difficulté d’apprentissage et aussi avec les adultes qui souhaitent améliorer leurs écrits. En fait, ma formation est vaste et dans des domaines très variés et mon premier métier était d’enseigner l’espagnol. Aujourd’hui je souhaite rendre la vie plus facile à tous ces enfants et à leurs parents. Et je suis heureuse de voir que les enseignants me contactent pour leur donner de nouvelles clés de compréhension et de travail.

 

Merci à Sophie Brangoleau pour cet article ” Mon enfant ne rentre pas dans le moule”.
Sophie Brangoleau consulte sur Toulouse, Montpellier, Perpignan et Font-Romeu actuellement.
Vous pouvez consulter son site : lecture-ecriture        et  : la méthode Trikalogie

 

 

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Caroline

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